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Fongicides dans la protection des plantes

Mode d'action des fongicides
Un fongicide interfère sur le métabolisme des champignons soit en les tuant, soit en inhibant leur développement. Les différentes matières actives agissent à différents moments du cycle de développement du pathogène („targets = cibles“). Dans la plupart des cas, le fongicide inhibe ou inactive des enzymes spécifiques. De telles cibles sont p. ex. la biosynthèse des stérols ou la production d’énergie dans la chaîne de respiration des champignons. Certaines substances sont sélectives : elles ne bloquent que des enzymes ciblées ou des groupes d’enzymes du métabolisme des champignons. D’autres influencent des réactions métaboliques et sont de ce fait moins sélectives.
Une caractéristique fondamentale de différenciation des matières actives est leur mode d’absorption et de répartition dans la plante. Il existe approximativement 3 classes de matières actives : les fongicides de contact, pénétrants (mésostémiques) et systémiques.

Fongicides de contact: uniquement préventifs
Les matières actives de contact ne pénètrent pas au travers de la cuticule et n’ont de ce fait aucune action à l’intérieur de la plante. Elles ont une action purement préventive limitée à la germination du champignon et à la croissance des tubes germinatifs. De plus, elles sont sujettes au lessivage par la pluie ce qui nécessite de réappliquer ces molécules en cas de besoin. Les fongicides de contact, comme p. ex. les Dithiocarbamates développés dans les années 30, sont peu sélectifs mais possède de ce fait un large spectre d’action. Cependant, au vu de leurs inconvénients mentionnés précédemment et de leur impact important sur l’environnement, ces fongicides sont de moins en moins utilisé en pratique.

Fongicides pénétrants (mésostémiques) : longue persistance
Les matières actives mésostémiques pénètrent à la surface des feuilles et forment un dépôt qui est constamment diffusé dans la plante avec pour avantage une excellente persistance. A ce jour, le seul groupe de ce type sont les Strobilurines développées dans les années 90.

Fongicides systémiques : curatifs et éradiquants
Par systémique on comprend une matière active qui traverse la cuticule (couche de cire externe de la cellule végétale) et pénètre dans la plante. Une matière active totalement systémique est répartie avec la sève ascendante dans les tissus végétaux alors qu’avec une matière active localement systémique ce n’est pas le cas. Afin que ces substances ne causent aucun dégât à la culture, elles doivent pouvoir inhiber de façon ciblée les fonctions métaboliques du champignon. C’est pourquoi elles n’agissent la plupart du temps que contre peu de champignons et tous du même type. L‘avantage de ces substances est de posséder des propriétés curatives et éradiquantes. Elles peuvent éliminer le pathogène durant tout son cycle de développement, également dans la plante.

Risques de résistance élevés
Avec des produits systémiques sélectifs avec un mode d’action très spécifique, les pathogènes sont exposés à une pression de sélection très élevée surtout lorsque les mêmes produits sont appliqués durant une longue période. Cela signifie un danger de développement de résistances renforcé envers ces matières actives. C’est pourquoi il est fortement recommandé de toujours alterner les différents groupes de matières actives disponibles afin de toujours viser différentes cibles durant le développement du champignon. En pratique, les fongicides systémiques sont les plus utilisés. Les Triazoles font p. ex. partie de ce groupe.